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Hommage de Maître Madické Niang à Maître Abdoulaye Wade

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En ce jour marquant le centième anniversaire de Maître Abdoulaye Wade, je souhaite rendre hommage à ce grand homme avec qui j’ai cheminé pendant plus de quarante ans. Nous avons partagé une histoire commune dont je retiens particulièrement nos trente années de complicité dans la conquête puis l’exercice du pouvoir.De ce compagnonnage, je garde avant tout le souvenir d’un homme animé par une foi inébranlable en Dieu et profondément attaché aux idéaux de Cheikh Ahmadou Bamba, son guide spirituel. J’ai également été marqué par sa conviction constante de renforcer la démocratie sénégalaise et par son engagement à inscrire durablement le Sénégal sur la voie du développement.Notre rencontre est née de notre profession commune d’avocat. En 1985, j’ai décidé de me constituer volontairement pour assurer sa défense alors qu’il était poursuivi pour sa participation à une marche avortée contre l’apartheid. Notre proximité s’est ensuite renforcée lors de son arrestation à la suite de l’élection présidentielle de 1988.Notre relation a cependant pris une dimension particulière lorsque j’ai eu à le défendre, à sa demande, dans deux affaires retentissantes : la marche du 16 février 1994 et l’affaire Maître Babacar Sèye. Dans ces dossiers, il me témoigna une confiance exceptionnelle en me désignant coordonnateur du pool d’avocats chargé de sa défense.Cette première affaire m’avait d’ailleurs valu une inculpation pour avoir déclaré que l’arrestation des députés Abdoulaye Wade et Landing Savané, en violation de leur immunité parlementaire, constituait une forfaiture. Je fus traduit devant un cabinet d’instruction pour diffamation envers les cours, tribunaux et magistrats. Grâce à la forte mobilisation nationale et internationale de mes confrères, la procédure fut finalement classée sans suite.Après sa libération à l’issue de sa grève de la faim, nous nous sommes rendus ensemble à Touba pour témoigner à Serigne Saalihou Mbacké, alors Khalife général des Mourides, notre profonde gratitude pour ses prières constantes. Devant cette haute autorité spirituelle, Maître Wade déclara être convaincu que le choix porté sur ma personne pour coordonner sa défense lui avait été inspiré par Serigne Touba. Il proposa alors que nous nouions devant le Khalife une relation forte et durable. Celle-ci fut immédiatement bénie. Depuis lors, je considère ce lien comme une amitié fraternelle indéfectible. Il me répétait souvent : « Tu es le jeune frère que Dieu ne m’a pas donné. »La grandeur de cet homme s’est illustrée de manière éclatante en 2000. Après avoir prêté allégeance à Serigne Saalihou Mbacké et rendu visite à Serigne Abdou Khoudoss Mbacké, alors Khalife de Darou Mousty, il se rendit auprès de notre maman Coumba Dème, mère du Président Abdou Diouf, qui venait de perdre les élections.Cet acte de noblesse fut accompagné d’une générosité remarquable envers son prédécesseur. Il permit d’instaurer un climat apaisé entre le vainqueur et le vaincu et d’assurer une transition exemplaire au sommet de l’État. Ce geste fut salué à travers le monde comme un modèle de maturité démocratique.Le Président Abdoulaye Wade m’a toujours considéré d’abord comme son frère, son ami et son avocat avant de me considérer comme son ministre. Arrivé tardivement au pouvoir, il a pourtant profondément transformé le Sénégal en seulement douze années d’exercice grâce à une vision audacieuse et à des réalisations que beaucoup jugeaient alors irréalisables : l’autoroute à péage, l’Aéroport international Blaise-Diagne de Diass, les échangeurs routiers et de nombreux autres grands projets structurants.Il a également contribué à rehausser la stature internationale du Sénégal. Son panafricanisme pragmatique a fait de notre pays l’un des moteurs de l’unité africaine. Il affirmait avec conviction être africain avant d’être sénégalais.Cette vision se retrouve dans son ouvrage Un destin pour l’Afrique, mais surtout dans son combat pour la mise en place d’un gouvernement de l’Union africaine. Son engagement l’a conduit à promouvoir la Grande Muraille Verte pour lutter contre l’avancée du désert, à défendre le développement des infrastructures continentales, notamment à travers le projet ferroviaire Dakar-Djibouti, et à renforcer le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), fondé sur le principe d’un partenariat gagnant-gagnant.Son panafricanisme s’est toujours accompagné d’une défense constante de la dignité des peuples africains, de la renaissance du continent et du développement du Sénégal, qu’il a servi avec passion.Abdoulaye Wade, c’est aussi une foi profonde dans l’éducation, l’innovation et les nouvelles technologies. Il a notamment porté le programme de la Case des Tout-Petits et encouragé très tôt l’introduction du numérique dans les établissements scolaires.En un mot comme en mille, cet homme demeure exceptionnel par sa générosité, sa grandeur d’âme, son sens élevé du pardon et son attachement indéfectible aux enseignements de Khadimou Rassoul, Cheikh Ahmadou Bamba. Son adhésion à la valeur travail constituait, à ses yeux, le fondement même de notre indépendance économique.Je continuerai, jusqu’à mon dernier souffle, à nourrir à son endroit un amour immense et un respect profond qui ne cesseront de grandir.Qu’Allah vous accorde encore de longues années de vie, une excellente santé et continue de vous combler de Ses bienfaits, Monsieur le Président.

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