Quand les pairs rendent hommage à un pair pour son 90e anniversaire, ils rendent en fait hommage à un père ! Si l’homme célébré n’était pas Abdou Diouf, ancien patron deOrganisation internationale de la Francophonie (OIF) , j’aurais même osé l’écriture inclusive puisque, parmi ses pairs, il y avait une « paire » : Mamadou Lamine Loum, Aminata Touré,Amadou BA et Sidiki Kaba. Ils furent ses successeurs au poste de Premier ministre du Sénégal, ce poste créé en 1970 et dont Abdou Diouf fut le tout premier titulaire. Stricto sensu, oui oui, jarbaat, il fut bien le premier PM, même si je t’ai entendu murmurer : «Et Mamadou Dia ?» Leur pair, avec Senghor comme président de la République, eut sans doute à gérer des situations aussi difficiles que celles auxquelles ils furent confrontés plus tard avec Macky Sall et… Diouf comme présidents. Je ne cite pas Abdoulaye Wade : depuis ma place, je n’ai aperçu aucun PM de son époque dans la salle bondée du Musée Des Civilisations Noires Officielqui accueillait le «Célébrons ensemble Abdou Diouf» concocté par la Fondation Abdou Diouf «Sport-Vertu» que dirige si heureusement l’IGE Mamadou Moustapha Tall.Laissons le père des pairs pour nous intéresser au grand-père ! Abdou Diouf devint Président, le 1er janvier 1981, par la volonté de Senghor, soucieux d’une transition en douceur. Un an naissait El Malick Ndiaye, aujourd’hui président de notre Assemblée nationale du Sénégal ! C’est lui-même qui l’a précisé quand on l’a poussé à prendre la parole, lui qui n’était là que par amitié pour les enfants de Diouf. Le gamin du Djolof a grandi en entendant sa grand-mère répéter : «Jappale leen Abdu Juuf ndax moom dafa yaru – Soutenez Abdou Diouf car il est poli !» Message subliminal pour que nous voyions du «Diouf» dans «Diomaye» ? 😂 Si mon décompte est bon, El Malick Ndiaye a donc voté pour la première fois en 2000. Je me demande s’il avait alors suivi le conseil de sa grand-mère en votant pour grand-père Diouf, ou s’il a contribué à l’alternance en votant pour grand-père Wade. Mais en martelant que «Abdou Diouf a été le garant de la stabilité institutionnelle et de la démocratie sénégalaise », il reconnaît ce qui est sans doute un des plus grands mérites de l’homme d’État. D’autant que Abdou Diouf, recevant a Paris ses « petits-fils » arrivés au pouvoir en 2024 leur a dit, selon El Malick, «avec vous le Sénégal est entre de bonnes mains ». Par contre, je ne sais pas si Elisabeth Diouf a dit ses sëtt «Jappale leen Basiru Jomaye Faay ndax moom dafa yaru koom seen Maam!»La taille de Diouf étant ce qu’elle est, chaque témoin n’a pu qu’en appréhender une partie pour témoigner de sa grandeur. Impossible de résumer la touche personnelle dans les mots de Souleymane Diagne (Bachir), conseiller de Diouf à la suite de Abdoulaye Elimane Kane. Difficile de condenser en trois lignes le parcours rappelé par Bakary Sarr, Secrétaire d’État à la Culture, aux Industries créatives et au Patrimoine historique. Mais comment ne pas mentionner les mots très forts du président Bassirou Diomaye Faye qui, par la voix du SG de la Présidence Samba Ba, a exprimé une «reconnaissance perpétuelle» envers Abdou Diouf. Comme siBassirou Diomaye Faye se voulait successeur de Diouf, comme Wade se voulait successeur de Senghor, effaçant de leur mémoire le prédécesseur direct. Mais, jarbaat, ce ne sont là que divagations de Nijaay croquant son pataassu waalo grillé.Que dire d’autre ? Que Me Sidiki Kaba est un redoutable tribun et l’avocat de Diouf décliné en cinq figures ? Que Pierre Goudiaby Atepa n’a rien trouvé de mieux que de s’appuyer sur ChatGPT pour faire célébrer par une machine les valeurs humaines d’un homme d’État ? Osé, mais dans l’air du temps : preuve que les papys savent profiter de l’IA générative !Bref, tout a été merveilleux, fort réussi, bien dit, et surtout marqué par la présence, à travers leurs épouses Arame Dieng et Thérèse Diatta, de deux personnages clefs du parcours de Diouf. Quant à Élisabeth, elle fut présente dans tous les témoignages malgré sa relative invisibilité toute républicaine quand son époux était président.Mais tout cela aurait été incomplet si la voix attendue n’avait pas retenti pour célébrer «Abdou l’homme de Taïf, Abdou le Gardien de la Constitution». Hadj Mansour Mbaye fut égal à lui-même : fidèle, même si son absence eût été excusée ! Et vos Bajeen journalistes Die Maty Fall et Marie Louise Faye étaient toute contentes ! En attendant, on devra bien m’expliquer pourquoi Diouf ayant tant fait pour les femmes (au moins loi contre l’excision), il n’y avait pas une seule femme dans le panel et pourquoi les communicants n’ont pas pensé faire enregistrer une vidéo de Diouf pour entendre sa voix même avec seulement «Merci les enfants !»Pour le reste, jarbaat, vous avez encore six jours pour aller voir la très belle exposition sur Abdou Diouf, d’abord « contée » dans la par sa conceptrice, Dr Youma Fall, avant que nos yeux ne s’en délectent. Après, si vous m’en faites le résumé, je vous raconterai comment Abdou Diouf a réglé un problème crucial quand Nelson Mandela, avant de prendre son avion pour clore sa mémorable visite au Sénégal, avait subitement demandé à… se laver les mains dans le salon d’honneur de l’aéroport. 😂#Senegal #kebetuhttps://x.com/MadembAS/status/1963039524465922435

























