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RENCONTRE SECTEUR PRIVE / OUSMANE SONKO : COMMUNICATION D’ADAMA LAM AU NOM DU SECTEUR PRIVE

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RENCONTRE SECTEUR PRIVE / PREMIER MINISTRECOMMUNICATION DE MONSIEUR ADAMA LAM AU NOM DU SECTEUR PRIVE • Monsieur le Premier Ministre,• Mesdames et Messieurs les Ministres,• Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux,• Mesdames et Messieurs les Présidents des Organisations du Secteur Privé,• Mesdames et Messieurs,Monsieur le Premier MinistrePermettez-moi au nom de mes pairs Présidents des Organisations du Secteur Privé ici présents, de vous remercier de votre disponibilité, de l’ambition que vous nourrissez pour notre pays, le Sénégal, et pour votre secteur privé en particulier.Je voudrais avec votre permission vous présenter notre délégation à cette première rencontre publique privée de haut niveau entre le chef du Gouvernement et les hauts responsables des organisations du secteur privé. Il s’agit, notamment, du CIS, du CNP, de la CNES, du MDES, du CDES, du GES, de l’Unacois JAPPO, de l’Unacois YESSAL, du CNE, de l’UFCE, de la CCIAD, de l’UNCCIAS, de l’UNCM, de l’ACIS, du CNCR, et vous présenter les excuses de celles qui n’ont pas pu se libérer.D’emblée, il me plait d’affirmer que le secteur privé, considéré dans le cadre de l’agenda national de transformation Sénégal 2050 comme le moteur du développement économique de notre pays, renouvelle son engagement à jouer pleinement son rôle. A cet égard, il demeure plus que jamais conscient de ses responsabilités de relever les défis organisationnels et structurels. Le secteur privé, toutes sensibilités confondues, est essentiellement composé des Grandes entreprises concentrées dans les télécommunications et services, l’industrie extractive et l’agro-alimentaire, les BTP, des PME/PMI du secteur informel dominé par le commerce, l’artisanat et les services de proximité. Il compte également en son sein les secteurs de l’Energie, du numérique, des hydrocarbures et des services financiers. D’autres secteurs comme la pêche, l’agriculture et l’élevage sont également recensés.Nous sommes conscients du rôle attendu de nos entreprises dans la transformation économique, la relance de l’investissement privé et la création d’emplois notamment pour les jeunes, dans une logique de parfaite inclusion.A ce titre, nous souhaiterions développer une relation forte de confiance mutuelle entre le Gouvernement et le secteur privé afin de pouvoir décliner dans le cadre d’un dispositif permanent de dialogue et de concertations, notre capacité à mettre en œuvre les grands projets publics, et de bénéficier du soutien de l’Etat dans la réalisation de nos projets privés.Le secteur privé réaffirme sa pleine conscience des défis majeurs auxquels notre pays est confronté, caractérisés entre autres par :- Un environnement international extrêmement difficile qui impacte notre pays ;- Un endettement chronique issu d’une politique mal maitrisée ;- Un front social marqué par des attentes énormes, notamment dans le domaine de l’emploi, des sécurités alimentaire, sanitaire et de maintien d’un pouvoir d’achat fragilisé ;- Des priorités multiples et incontournables, notamment dans le domaine de la formalisation de l’économie, de la digitalisation et du financement de l’économie ; – Une nécessité de reformer le climat des affaires et de retrouver un équilibre macro-économique dans le cadre de votre Plan de redressement économique et social.C’est dans ce contexte marqué par ces défis non exhaustifs que le secteur privé souhaiterait avoir l’attention du Gouvernement sur les points suivants :- Mettre en place un mécanisme permanent de partage d’informations notamment sur les documents officiels de politique économique et sociale, tels que l’Agenda de national de transformation Sénégal 2050, le Plan d’actions prioritaires, le Plan de redressement économique et social – PRES 2025-2028, les lettres de politiques sectorielles des départements ministériels, ainsi que les projets prioritaires du Gouvernement pour nous permettre d’en assumer la mise en œuvre avec des moyens internes ou à travers la recherche de partenariats étrangers.- Le secteur privé se désole de la perception de l’Etat comme faible dans sa capacité de mobilisation de ressources financières. C’est vrai que nos ressources financières sont limitées, mais nous avons suffisamment de capital de base et surtout de capacité de structuration de projets pour mobiliser des financements si notre Etat nous fait plus confiance afin de faire du secteur privé national le socle de la souveraineté économique. Nous ne connaissons pas de pays développés sans un secteur privé national fort, soutenu par l’Etat.- Le recyclage des actifs de l’Etat dont il est question dans le Plan de redressement économique et social -PRES 2025/2028- nécessite plus d’explications sur les biens et services concernés, sur les modalités particulières de rétrocession. En tout état de cause, le secteur privé est prêt à s’impliquer totalement tant dans l’acquisition que dans la gestion des concessions y afférentes.- L’urgence de renforcer la productivité et le dynamisme des micros, petites et moyennes entreprises à travers une protection beaucoup plus affirmée de l’Etat pour le secteur des PME dont 97% sont informelles selon l’ANSD. Sous ce rapport, le soutien à la modernisation des sous-secteurs du commerce, de l’artisanat et des exploitations familiales exposés à la concurrence internationale est devenue une urgence de premier ordre.- Les secteurs stratégiques à fort rendement sont largement détenus par la concurrence internationale ce qui limite le taux de rotation du capital du fait du rapatriement naturel des dividendes. Par conséquent, le cantonnement du secteur privé national a la sous-traitance ou dans des niches marginales fait que beaucoup d’emplois sont inaccessibles pour les jeunes. – une protection de l’Etat pour favoriser la consolidation des activités qui ont besoin d’être dé-risquées suivant les meilleures pratiques internationales. – La commande publique elle pourrait être subtilement encadrée afin de pouvoir accorder une priorité aux nationaux et autres ressortissants de pays de l’UEMOA.- Parler d’investissements d’envergure sans au préalable régler les différentes réformes de nos principaux codes : codes des impôts, des douanes, des Investissements, de la pêche, des mines, la réforme foncière etc. créerait un retard important pour le lancement des projets. Pour toutes ces raisons, nous voudrions que le Secteur Privé soit associé aux réflexions en cours. Pour la 1ere fois nous sommes absents dés la phase de conception des réformes sectorielles. Nous avons juste reçu un courrier d’information et de recueil de nos préoccupations. Nos experts sur les questions fiscales, douanières, etc…sont très qualifiés pour faire le travail aux cotés de l’administration. – La pression fiscale, la pression douanière, les tracasseries administratives sont devenues tellement fortes que l’hésitation est palpable dans le milieu des affaires. Ce sont les mêmes personnes morales et physiques qui contribuent à l’impôt depuis toujours, alors qu’il est possible par la digitalisation de faire contribuer tous les concitoyens que nos lois appellent à l’impôt. Les redressements exorbitants et des fois injustifiés, peuvent être une menace pour l’entreprise et son fonds de roulement ainsi que sa capacité d’investissement. Nous proposons :- l’élargissement de l’assiette fiscale et plus d’équité fiscale pour tous.- La mise en place de mécanismes de règlement à l‘amiable des contentieux fiscaux et douaniers ainsi que l’institution d’une Commission paritaire Etat/Secteur privé de règlement consensuel des différends sous la présidence de la primature.- la restauration au niveau de l’Apix du groupe de travail sur les reformes de l’environnement des entreprises.Nous sommes conscients que l’unification des voix du secteur privé est devenue une nécessité si nous voulons un appui efficace de l’Etat et une meilleure considération. Dans cet esprit, nous avons entamé des concertations pour créer un cadre fédérateur devant se concerter régulièrement sur les questions afférentes au secteur privé. Le secteur privé national reste ouvert à l’investissement direct étranger (IDE) mais est convaincu que le privé national doit être le réceptacle naturel des initiatives privées étrangères sous la coordination du Gouvernement. Nous suggérons par ailleurs que les déplacements de nos autorités à l’étranger, et surtout ceux à caractères économiques, comprennent plus de membres du secteur privé. La préparation de ces voyages en ce qui concerne l’implication des opérateurs économiques devrait être faite dans de meilleures conditions. Les Chefs d’Etat qui rendent visitent à notre pays en sont un exemple patent vu le nombre d’entrepreneurs qui les accompagnent.Le secteur privé national exprime le besoin d’une plus grande proximité avec le Gouvernement et d’une synergie positive avec les différents Ministères et Directions à qui nous reprochons un manque de considération se traduisant par des difficultés d’accès, des courriers sans réponses, etc. Nous proposons l’instauration de cadres de concertations de haut niveau (Présidence/Primature) à même, entre autres, d’arbitrer les questions transversales impliquant plusieurs départements ministériels. Il s’agira de mettre en place un calendrier républicain avec une périodicité connue assorti d’état d’avancement des dossiers du secteur privé. Le contenu local doit être aussi étendu à tous les secteurs stratégiques. Une attention toute particulière doit être donnée à la concurrence déloyale de produits d’importation au détriment de notre tissu artisanal de production. Le secteur privé pense qu’il convient de parachever le processus de réforme des chambres de commerce pour un meilleur appui aux pôles territoires.La sous-traitance dans le domaine du BTP doit être mieux repensée, voir régulée. Seul l’Etat est donneur d’ordre dans la construction des infrastructures et routes. Si les marchés sont captés par les entreprises internationales, nos entreprises sont condamnées à la faillite.Enfin, la relance économique passe obligatoirement par le paiement de la dette due aux entreprises locales, la mobilisation de l’épargne par des mécanismes innovants, la réduction des dépenses publiques. A cet effet, il vous conviendra Monsieur le Premier Ministre de nous renseigner sur les modalités de règlement de la dette intérieure dont l’accumulation inquiétante constitue une entrave à l’essor du secteur privé. En guise de synthèse je rappelle les points évoqués :1. Nous entendons dynamiser les investissements en partenariat avec les Investisseurs Directs Etrangers dans un esprit de partenariat profitable pour notre pays ; 2. Nos contraintes multiformes portent sur le difficile accès au foncier, l’insuffisance du dialogue public-privé (le conseil présidentiel de l’investissement ne s’est pas tenu depuis plus de dix ans) ; 3. La nécessaire protection des industries naissantes trop tôt livrées à la concurrence des multinationales ainsi que la réservation de certains emplois à des sénégalais ;4. En matière de diplomatie économique, le secteur privé national souhaiterait être davantage mieux impliqué dans les visites officielles des autorités et les évènements externes ;5. Nous souhaiterions également donner nos sentiments et nos contributions dans la réforme des codes et lois (code des investissements, Code Général des Impôts, Code des Douanes, etc.)6. Dans la cession et la concession des actifs de l’Etat, nous sommes prêts à relever les défis y afférents par le rachat des titres ainsi que l’exploitation optimale des unités de production susceptibles de nous être confiées ; Pour réaliser tous ces objectifs, nous avons initié la réflexion pour la mise en place d’une coordination nationale du Secteur privé, afin de construire une cohésion symbole d’unité et de force de proposition à l’Etat. Cette option nous permettrait de passer du statut de sous-traitants à celui de donneurs d’ordre dans les grands projets de notre pays. Chacune des organisations dispose déjà d’une banque de projets alignés sur les priorités de l’Etat. Pour conclure mon propos, nous saluons, encore une fois, la vision hautement stratégique du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République, et votre leadership, Monsieur le Premier Ministre, reconnu et rassurant dans le processus de coordination de l’action gouvernementale, ainsi que dans la mise en œuvre des stratégies de transformation économique et sociale de notre cher Sénégal. Je vous remercie de votre aimable attention.

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